On connaît cette douleur. On l'a vécue.

C'est toujours le même scénario.

Tu prépares ta rando depuis des semaines. Tu as le bon sac, les bonnes chaussures, le bon itinéraire. Tu pars confiant. Et au km 12, ça commence. Ce petit échauffement sous le petit orteil. Tu te dis "ça va passer." Ça ne passe jamais.

Au km 20, tu t'arrêtes. Tu sors le Compeed. Tu tapes. Tu repars. Au km 25, l'autre pied s'y met. Le soir au refuge, tu t'assieds et tu passes 30 minutes à soigner tes pieds au lieu de profiter du coucher de soleil.

On a vécu ça pendant des années.

On a essayé la crème NOK le matin. Le tape aux endroits "à risque." Les doubles chaussettes. Changer de paire toutes les deux heures en faisant sécher l'autre sur le sac. Le talc oui, le talc. On a même percé nos ampoules avec une aiguille et du fil au fond d'un gîte à 22h.

On s'était résignés. "Les ampoules, ça fait partie de la rando."

Et puis un jour, sur un trek dans les Alpes, un randonneur allemand nous a montré ses pieds. Cinq jours de marche. Pas une seule ampoule. Pas un pansement. Rien. Il a enlevé ses chaussures et ses chaussettes avaient un truc bizarre chaque orteil était séparé.

On a trouvé ça ridicule. On a quand même essayé.

Première rando : 28 km, 1 400 m de dénivelé. On a enlevé nos chaussures le soir et on a regardé nos pieds. Rien. Pas un échauffement. Pas une rougeur. On ne pensait même pas à nos pieds.

Ce jour-là on a compris que le problème n'avait jamais été nos chaussures. C'était le frottement entre nos orteils, enfermés ensemble dans un tissu humide pendant des heures. Une fois qu'on sépare chaque orteil et qu'on évacue la transpiration le problème disparaît. Simplement.

On a créé SENTIA pour que plus personne ne rentre d'une rando en boitant.

Pour que tu puisses regarder les montagnes au lieu de regarder tes pieds.